Ce billet ne retrace pas la conférence très pertinente qu'ont proposé G.Truchet et J.P.Tabey à la Société-Rive-Gauche du Rhône de Lyon le mardi 21 novembre 2006 au sujet de la Rize. Leurs illustrations comme leur discours la faisaient revivre depuis la mi-XIX° jusqu'à la fin du XX°siècle.

La Société Rive-Gauche du Rhône de Lyon avait cependant publié leur texte en décembre 2007 dans le bulletin n°183. Cette association ayant fermé, nous la faisons revivre en publiant de temps à autre ses publications, afin que ses travaux entrent dans le XXI°siècle et ses nouvelles technologies.

7° et dernier épisode sur la Rize (7/7)

Ne rêvez pas trop au sujet de la Rize, si elle avait été un ruisseau charmant, elle était mal traitée depuis près d'un siècle : on ne pouvait plus y pêcher ni s'y baigner. Voici comment elle disparut.…

"…C’est sans parler des odeurs infectes qui se répandaient autour du chanvre en décomposition ou des tanneries, les particuliers prenaient l’habitude de considérer le lit de la rivière comme dépotoir.

À cela s’ajoutaient les problèmes nés de l’irrégularité du débit. Certaines années, le Rhône sortait de son lit, et , tout naturellement, la Rize en faisait autant : les crues les plus dévastatrices [du fleuve] furent celles de 1812, 1823, 1849, 1856 et 1910.

D’autres fois la sècheresse sévissait, alors la Rize se tarissait, comme en 1830.

À Villeurbanne, grâce à la pente naturelle, l’eau était courante et limpide. Mais à Lyon, la pente diminuant sérieusement, l’eau stagnait, dégageant des odeurs fétides et nauséabondes. Les habitants de la Guillotière reprochaient à ceux de Villeurbanne de retenir les eaux sur leur territoire !


Au milieu du XIX°, l’architecte Christophe Crépet proposa de creuser un chenal sur les communes de Décines et de Vaulx-Velin, afin de donner plus de force à la rivière. Le temps de procéder aux études, de trouver le financement, les années passèrent et quand, vers 1860 les travaux débutèrent, il était déjà trop tard : l’eau de la Rize coulait de moins en moins.
Le 19 septembre 1853, les riverains se constituèrent en syndicat. La commission syndicale du ruisseau de la Rize fut même très active, surtout dans les 1°années de son existence, s’occupant du curage et du nettoyage du ruisseau. Mais peu à peu, le désintéressement s’installa chez les riverains, et la saleté dans la rivière.
Au début du XX°, le syndicat ne se réunissant pratiquement plus, le préfet nomma un directeur, mais celui-ci n’arriva pas mieux à résoudre l’insalubrité et le laxisme grandissants.
De son côté, le conseil municipal de Lyon décida, le 6 avril 1875 de supprimer purement et simplement la Rize à l’intérieur de la ville, décision déclarée d’utilité publique le 16 avril 1880. Mais il allait falloir attendre près d’un siècle pour la voir se réaliser totalement." "Villeurbanne, en revanche, était bien décidée à conserver son délicieux cours d’eau. Mais inexorablement, habitations et industries multipliaient les nuisances liées à l’urbanisation et l’industrialisation de la cité, et continuaient, au fil du temps, de polluer de plus en plus la malheureuse Rize. C’est elle qu’on accusa en 1893 et 1894, d’être à l’origine d’une épidémie de fièvre typhoïde qui frappa tout particulièrement les quartiers des Maisons-Neuves et Grandclément.

Plus tard, comble de malheur, un des deux siphons installés sous le canal cassa, ce qui entraîna, cette fois-ci une chute considérable du débit dont du coup, une partie des eaux se jeta dans le canal de Jonage.

En 1987, la Rize disparut définitivement du paysage villeurbannais.
Pourtant la Rize, même devenue aux ⅔ souterraine, continue de gêner les habitants des quartiers où elle passe à ciel ouvert.

Ainsi dans le 3°arrondissement, rue Baraban, rue ste-Pauline, rue É.Richerand, les locataires se plaignent souvent de trouver des rats qui grimpent jusqu’au 2°étage des immeubles.  Quant aux moustiques, malgré les efforts des Bureaux d’Hygiène, c’est l’invasion, comme se plaint cette riveraine du 92 rue Baraban. Alors cette portion du ruisseau sera également recouverte. Finalement la Rize, au milieu du XX°, était accusée de n’être qu’un égout à ciel ouvert, et elle chemine, depuis dans le ventre de nos deux villes.


Depuis 1991, la Rize a fait l’objet d’un plan de valorisation et d’aménagement, sur les communes de Décines et Vaulx-Velin. Espace de loisirs et de découvertes, le site offre aux promeneurs à pied ou à vélo des berges agréables, une faune et une flore d’une grande diversité, des espaces de pique-nique à l’ombre des arbres, des aires de stationnement, un parcours de santé, une eau pure, et même un parcours d’initiation à la pêche."

decines jcheres rize aff

1876 kt villurb ly rize

 

➥Faîtes la balade le long de la Rize - à votre rythme - c'est à la fois faire une belle promenade (presque partout),

vous étonner, et

mettre en valeur cet itinéraire pour encourager les municipalités à tenir leurs engagements vis à vis du ruisseau !

 ☛svp relatez-vous votre périple avec vos impressions !

intro générale à la Rize

Rize - historique local

Rize - sources