De nombreuses entreprises de rosiéristes existaient à Lyon et dans les environs, et certaines existent encore

Depuis près de 200 ans, Lyon et sa région exercent une influence prépondérante et reconnue dans le monde de la rose. Depuis 5 générations, les familles Ducher, Guillot, Laperrière et Meilland, toujours en activité aux côtés d'autres rosiéristes reconnus, continuent à maintenir cette renommée.

 Voici, au fil des semaines, quelques unes des histoires singulières qui ont pour lieu Bèchevelin.

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•Jean Baptiste Guillot (1803/82), dit J.B. Guillot-Père, s'installe à la Guillotière en 1829 [43 rue du Repos]. Tout d'abord jardinier-fleuriste chez son père, il se consacre rapidement aux roses et baptise son établissement "Terre des Roses" en 1837.
En 1834/5, il achète dans la collection de Victor Verdier de Paris, les variétés de roses qui existent alors, et se spécialise dans la culture des roses. Il innove en installant la 1°serre à toit de verre sur châssis bois en 1837.

"Le résultat de ses semis se concrétisa en 1842 avec 'Lamartine' un hybride remontant, la première d’une série de près quatre cents variétés dont certaines connaîtront un grand succès : 'Ma Ponctuée', 'Beauté Lyonnaise' sont parmi les vedettes du catalogue." Société Française des Roses  


Après Lamartine, sa 1°obtention en 1842, il crée plus d'une centaine de roses, jusqu'en 1870, principalement des hybrides remontants, dont certains sont encore commercialisés 'Baron Gonella' (1859), 'Triomphe de la Guillotière' (1864), 'Triomphe de la Terre des Roses' (1864), 'Comtesse d'Oxford' (1869).

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'Trilomphe de la Guillotière' à st-Clair et 'Comtesse d'Oxford' collection site web Lyon

En 1844, la Société d'Agriculture de Lyon organise une exposition qui obtient un grand succès : 15 des exposants créateurs décident de créer la Société d'Horticulture Pratique du Rhône. J.B.Guillot-Père en est un des membres fondateurs.
Il reçoit en apprentissage toute une génération de rosiéristes, parmi lesquels Gilbert Nabonnand, Jean Pernet (dit Pernet-Père), et Joseph Schwartz, devenu son chef de culture, auquel il cède son établissement en 1870.

extrait de l'exposition Terres de Roses à l'Orangerie de la Tête-d'Or du 3 avril au 5 juillet

 

 

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•Guillot Père transmit sa passion et son savoir-faire à son fils, lui aussi prénommé Jean-Baptiste. Jean-Baptiste Guillot-Fils (1827-1893) décide très vite de voler de ses propres ailes et s’affirme avec 'Madame Falcot', 'Modèle de Perfection', 'Triomphe de Guillot Fils'. [Il s'installe à Monplaisir-3°, 27/33 chemin des Pins (actuelle avenue Lacassagne) p-ê devant lequelle des rosiers ont été plantés en 2014 pour le Congrès des Roses].

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Mme Falcot collection web Lyon idem

 Une centaine d’obtentions ont fait de lui un grand créateur dans le monde de la rose. Il va marquer l’histoire de la rose en 1867 avec 'La France', la première hybride de Thé, avec 'Pâquerette' et 'Gloire des Polyanthas' les premiers "multiflores". Il est aussi un excellent technicien : il invente la greffe en écusson, adoptée par ses confrères parce qu’elle améliore les rendements.

"Il a l'idée géniale de semer des églantiers et de les greffer sur leur collet. Cette technique est nommée "greffe rez de terre". Elle est très rapidement utilisée par tous les professionnels de la rose."

«En 1868, j'ai semé une assez grande quantité de graines que j'avais récoltées sur le rosier Polyantha Multiflora originaire du Japon. Dans de nombreux semis 2 seulement ressemblaient à la mère, et 1 seul avait des fleurs avec deux rangs de pétales d'un blanc pur qui a donné ensuite de bonnes graines. Je les ai semées en février 1872. C'est là qu'est sortie la petite rose 'Ma Pâquerette' qui fut mise au commerce dès novembre 1875.» extraits de l'exposition Terres des Roses à l'Orangeraie de la Tête-d'Or     

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'la France'  & 'Ma Pâquerette' collection web Lyon idem

"La rose 'la France' est le premier hybride de thé de J.B.Guillot-Fils,
une rose innovante aux nombreuses qualités : rusticité, floraison abondante et parfumée, à l'origine d'une nouvelle génération de roses dites "modernes".
En 1867, les hybridations ne sont nullement contrôlées, mais encore dûes au hasard. 'La France', née d'un croisement entre une rose Thé et un hybride remontant, possède une fleur double en coupe "d'un joli colori blanc argenté à l'intérieur et rose liliacé à l'extérieur selon la description issue des catalogues de la Maison-Guillot." idem

Il passe ensuite le relais à son fils, Pierre. 

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Pierre Guillot (1855-1918), fIls de JB Guillot (junior), il développe l'entreprise familiale et lui donne une dimension internationale.

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En 1884, père et fils Guillot sont associés et les nouv
elles obtentions sont commercialisées sous le nom "JB.Guillot & Fils".
Les pépinières au 33 chemin des Pins, deviennent exigües bien qu'étendus plus à l'Est le long du chemin des Pins, et une nouvelle installation est réalisée sur un terrain de 12ha, 11 chemin de st-Priest au Bachut, (actuellement avenue Général Frère), où les "Guillot font des milliers de semis par an".

 

 

 

 

 

 

 

 Contrairement à son père, Pierre met en place la pratique de la fécondation manuelle dès 1884, dont 'Gloire Lyonnaise' est le 1°essai. Ses obtentions sont largement appréciées et récompensées par plusieurs médailles d'or.

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'Gloire Lyonnaise'

Pendant ses 25 années d'activité, il crée une cinquantaine de variétés nouvelles, dont certaines sont toujours commercialisées = 'Mme E. Résal', 'Irène Watts' (1895), 'Souvenir de JB.Guillot (1897), 'Comtesse du Cayla' (1902), 'Mme L.Pain (1904)

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'Irène Watts' (1895) & 'Comtesse du Cayla' (1902) collection site web Lyon    

 

•A la disparition de Pierre Guillot, son fils Marc reprendra le flambeau mais la Grande Guerre, puis la crise de 1929 ont ébranlé l’économie et la Maison-Guillot n’est pas épargnée.

 

 

obtenteur_lyonnais-Guillot_2 site web Lyon  

•Une période de déclin suivra. Elle durera jusqu’à ce que Jean-Pierre Guillot reprenne les rênes de la maison, aujourd’hui installée à Chamagnieu en Isère, et lui permette de revenir sur le devant de la scène avec des créations nouvelles identifiées sous le groupe des « Générosa ». 

[Mais il y a aussi les Masmabay et les Maspaujeu]

roses_lyonnaises-Martine_Guillot-1      roses_lyonnaises-Paul_Bocuse

     'Martine Guillot' (1996) & 'Paul Bocuse' Jean-Pierre Guillot / Dominique Massad (1997)

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'Bicentenaire des Guillot' = Masbigui Jean-Pierre Guillot / Dominique Massad (2003) &

'Valérie de Montgolfier'  Jean-Pierre Guillot (2011)

 

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De nos jours le catalogue Guillot est sur internet. Et l'entreprise est 

Roseraie Guillot - Domaine de la Plaine - 38460 Chamagnieu - France  

toutefois les héritiers ne perpétuent pas l'entreprise qui a été vendue (ainsi que le nom), il n'y a plus d'obtention : la qualité s'en ressent.

Il reste des rosiers Guillot à la Roseraie du Parc de la Tête-d'Or…

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Davidoff 1984                 .

 

•pour en savoir plus =

  • « Deux siècles de roses, les créations Guillot » de François Joyaux (Flammarion, 2003)
  • « Lyon-Rose, entre Lyon et la rose, trois siècles d’un roman d’amour » de Pierrick Eberhard (ELAH, 2007)

 

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Dans Lyon-3°, un square JB.Guillot a été inaugurée, en face d'un des anciens terrains du rosiériste :

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Le long de l'avenue Lacassagne, vers la rue Bara

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*d'autres rosiéristes dans les prochaines semaines… abonnez-vous !

 

*autres rosiéristes en Bèchevelin : -Plantier,
-Lacharme,
-les Schwartz,
-les Ducher / Pernet,
-Levet / Bernaix / Dubreuil,

*les implantations de rosiéristes

*programme du Festival des Roses 2015 à Lyon

*les associations de rosiéristes