✪Avant l'établissement des ponts on passait le Rhône à gué ou par bac. Seuls les bacs à traille ont laissé leur empreinte dans le paysage. Au fil des siècles, en région Rhône-Alpes, on compte 156 bacs, dont 84 bacs à traille, sur le Rhône. Voici ceux de Lyon, sur le Rhône…

•"Avant la Révolution, un bac à traille fonctionne entre le quai Monsieur (actuel quai Gailleton) et le cours de Bertin (actuel cours de Verdun), en rive droite. Il permet aux habitants du nouveau quartier de Perrache de se rendre sur la Rive Gauche, à La Mouche (nord) et sur Béchevelin, sans avoir à faire un grand détour jusqu´au pont de la Guillotière.

De moins en moins utilisé autour de 1790, on décide de couper son câble et de mettre le bateau hors-service au début du siège de 1793.

En 1884, le sieur Guillard, un industriel lyonnais, propose d´établir un bac face à Béchevelin à condition d´obtenir 15 francs par jour de service, ou 5 centimes par passager, ce qui sous-entend un trafic espéré de 300 personnes par jour. Réitérant sa proposition en 1888, il fait monter sa rétribution à 25 francs par jour en raison de l´engravement subi par le lit du fleuve." information tirée de Patrimoine Rhône-Alpes 

Rh-val perr XIX bac

•"Le bac à traille de La Vitriolerie reliait le fort militaire du même nom en Rive-Gauche (probablement à hauteur de la rue Gustave Nadaud actuelle) au débouché du cours Suchet, au pied de la prison Saint-Joseph (Derrière les Voûtes de Perrache) en rive droite. Son emplacement correspond à celui de la traille de La Mouche Nord : étaient-ils juxtaposés ?"

"Lors de la construction du fort de La Vitriolerie, en 1840, un rapport établi par l´Ingénieur en chef des Ponts et chaussées du Rhône étudie la question de l´implantation d´un bac à traille pour faire traverser gratuitement les officiers du Génie et les ouvriers travaillant au fort, mais aussi le public, contre un droit de péage.

Par un arrêté préfectoral du 21 janvier 1841, un bac à traille est donc créé et exploité par le sieur Rochon, entrepreneur chargé de la construction du fort militaire. Il fonctionne durant toute l´année 1841 et une partie de l´année 1842, jusqu´à ce que l´autorisation soit retirée au sieur Rochon qui a perçu illégalement un péage. Les autorités doivent sévir contre ce dernier qui a continué à exploiter le bac sur le Rhône après que l´autorisation lui en ait été retirée.

Après la suppression du bac, la traversée des militaires s´effectue à l´aide de batelets, moyen de transport lent et dangereux. Aussi, dès octobre 1842, un rapport du Génie demande le rétablissement immédiat d´un bac. Mais il faut attendre 1864, date à laquelle le préfet autorise le Maréchal de Castellane, gouverneur militaire de Lyon, à faire installer par le Génie un bac à traille à La Vitriolerie. La fonction de ce dernier doit être de permettre aux officiers du fort de se rendre plus facilement à la gare et aux établissements publics de Perrache ; les sous-officiers et la troupe usant dans le même but du pont suspendu Napoléon amont.

On ne sait pas combien de temps cette traille a fonctionné.

Le 15 juillet 1876, un pont de bateaux est provisoirement établi à La Vitriolerie pour permettre le passage d´une compagnie en armes." information tirée de Patrimoine Rhône-Alpes  

 

•Depuis 1793 et la suppression du bac de Béchevelin, il n´y a plus de liaison entre le quartier industriel de la presqu´île de Perrache en rive droite et le nord du quartier de La Mouche en Rive-Gauche.

Répondant à une forte nécessité, le bac à traille de La Mouche est mis en place en 1835, après des négociations faisant intervenir de nombreux partenaires : le préfet, les industriels des deux rives, le sieur Galley (un restaurateur de La Mouche qui se propose comme passeur), les militaires du fort de la Vitriolerie et la Compagnie des Ponts Seguin. Parallèlement, on sait qu'un certain Rochon assure des traversées illégales vers le nord de La Mouche, face aux prisons Saint-Joseph et Saint-Paul.

En 1849, le pont Napoléon (futur pont du Midi puis Galliéni) ouvre à la circulation, entraînant le déplacement de la traille vers l´aval. L´adjudicataire du bac, Philibert Barret, tergiverse pendant un an avant de procéder à la nouvelle installation face au sud du quartier de La Mouche en 1850." information tirée de Patrimoine Rhône-Alpes  (…) la réouverture du bac n´est effective qu´en 1850. La traille de La Mouche est désormais installée en aval du fort de la Vitriolerie, desservant sur la rive droite la chaussée Perrache (actuel quai Perrache), entre l'ancienne gare d´eau et les abattoirs de Perrache.

Le dernier bail semble avoir pris fin en 1910. On peut supposer que ce bac a été supprimé lors de la construction de la passerelle de l´Exposition Universelle de 1914." information tirée de Patrimoine Rhône-Alpes