in Lyon 1968, Deux Décennies de Contestations :

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chronologie (1°partie)

•les Prémices de mai-68

introduction de l'exposition de la Bibliothèque Municipale de Lyon :

"En 1967, la situation sociale à Lyon est tendue. Si l’on excepte la période estivale, plusieurs usines se mettent en grève dès cette année-là avec des revendications portant sur la sécurité de l’emploi, les salaires, les conditions de travail : chez Berliet en mars, à la Rhodiaceta – à Lyon comme à Besançon – en février, mars et décembre.
La situation est similaire du côté des Facultés. Dès le 16 novembre 1967, plusieurs dizaines d’étudiants sont arrêtés lors d’une manifestation interdite, organisée dans le centre de la ville par les organisations politiques et syndicales (CFDT, PSU, AGEL) qui tentent de dénoncer l’intervention américaine au Vietnam. Quelques mois plus tard, le 8 février 1968, une autre manifestation se tient devant le Rectorat au moment même où Jacques Chirac, ministre d’Etat à l’Emploi, en visite à Lyon, vient confirmer des aides spécifiques de l’Etat aux industries de pointe et la création d’une Agence nationale pour l’Emploi dans le Rhône, la Loire, l’Ain et l’Isère. Enfin le 14 mars, une manifestation qui réunit 500 personnes est organisée par la Fédération des résidences universitaires de l’UNEF et de l’AGEL. Elle aboutit à la fin du mois à plusieurs protestations contre la « ségrégation sexuelle » et la distinction entre « majeur » et « mineur » (la majorité civile est alors de 21 ans) au sein des résidences universitaires."

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*22 mars : naissance du M22 lyonnais, émanation du Mouvement du 22 mars à Paris, qui joue un rôle de premier plan dans la révolte étudiante à Lyon

*mars-avril : grèves dans les services publics, chez Berliet, dans les entreprises d'habillement et dans le secteur de la chimie.

 

•Mai
*1°mai : importante manifestation à Lyon à l'appel de la CGT, de la FEN et de l'AGEL (Association Générale des Étudiants de Lyon). L'augmentation des salaires, la défense de l'emploi et l'abrogation des ordonnances sur la Sécurité Sociale sont au cœur des revendictions. À Paris, pour la 1°fois depuis 14 ans, le gouvernement autorise un défilé dans la capitale.

Déferlente de grèves et de manifestations
*6 mai : un appel à la grève lancé la veille est suivi à 80% à l'INSA, à la faculté des Sciences et à celle de Lettres, à Lyon. Grève des techniciens des P.T.T.

*7 mai : par solidarité avec "le Mouvement de Nanterre", environ 3000 étudiants lyonnais manifestent entr 16 et 19 heures de l'INSA au centre-ville.

*8 mai : nouvelle journée de grève dans les P.T.T. (préposés, tri et bureaux de poste) à l'appel de la CGT et de la CFDT. La grève étudiants se poursuit, sauf à la faculté de droit. Le SNESup appelle les enseignants à la grève. une série de manifestations étudiantes démarrent, où l'on commence à voir apparaître de jeunes lycéens.

*9 mai : des groupes isolés s'en prennent au hall du journal le Progrès.

*10 mai : la faculté de Lettres est occupée.

*11 mai : occupation des facultés par les étudiants. Une manifestation étudiants d'un millier de personnes passe pour la 1°fois aux abords de la préfecture. De nombreux lieux à Lyon commencent à être rebaptisés : le lycée national du Parc devient "le Lycée National de la Révolte" et le quai Claud Bernard se transforme en quai "Cohn-Bendit". À la faculté des Lettres, l'amphithéâtre Edgar Quinet prend le nom de Che-Guevara. D'autres amphithéâtres sont également renommés des noms de Fidel Castro, Mao Tsé-Toung ou Rudi Dutschke.

*12 mai : vers 22 heures, un groupe d'étudiants ayant la volonté de diffuser un communiqué en une du Progrès et du Dauphiné Libéré réussit à perturber l'imprimerie de Chassieu et la parution des quotidiens.

*13 mai : Grève Générale,
30 000 étudiants et syndicalistes manifestent à Lyon. Selon la CGT, 60 000 personnes défilent de la Bourse du Travail à la place des Terreaux, rassemblant dans un même élan, travailleurs, enseignants et étudiants. C'est la plus forte contestation depuis le début du conflit.

*14 mai : 2000 jeunes des collèges techniques et lycées lyonnais manifestent à leur tour de la place G.Péri à la rue de la République. Ils poursuivent jusqu'au lycée Ampère et à l'Inspection Académique. Le théâtre du Huitième est inauguré par Louis Pradel.

Durcissement des Grèves

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*16 mai : début d'un mouvement de la grève dans les usines. Les ouvriers de Berliet déplacent les lettres de l'enseignement pour former le mot "liberté". À Badan, petite gare de triage près de Lyon, des cheminots débrayent.

*19 mai : les T.C.L. (Tranasports en Commun Lyonnais) s'associent à la grève illimitée qui touche de nombreuses entreprises de la région. La grève est suivie à partir du 21 mai par les cars Citroën et partiellement par les cars Philibert. Occupation de la faculté de Médecine.

*20 mai : grève des transports en commun, de la poste et du téléphone (P.T.T.). Généralisation du mouvement dans les usines. Berliet, Rhodiaceté, Richard-Continental, SNAV, SNCF, Teppaz, Pelle, Brandt, Paris-Rhône, Seguin, Durrschmitd, Uginor et Camping-Gaz sont les principales entreprises occupées par les ouvriers. Les services municipaux (égouts, services des eaux, bureau d'hygiène, buanderie, etc…) sont également en grève. archives INA -2-,

 

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21 mai : le Progrès en Grève Illimitée
À l'appel de l'inter-syndicale du livre, le quotidien le Progrès de Lyon n'a pas été imprimé du 21 mai au 7 juin 1968. La presse quotidienne régionale de Rhône-Alpes a été une exception en France. Cette grève a été motivée par la fermeture de l'imprimerie du Progrès, suite à un regroupement des moyens de production avec le Dauphiné Libéré.

États Généraux de la Culture à Villeurbanne
Du 21 mai au 11 juin, les états généraux de la culture réunissent en huis clos la majorité des directeurs des centres dramatiques et des Maisons de la Culture au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. Les contestataires adressent leurs critiques au gouvernement dans "la Déclaration de Villeurbanne" en revendiquant l'élaboration d'une nouvelle politique culturelle cohérente.

Grève aux  P.T.T.
La Sécurité Sociale et les P.T.T. sont en grève. La raffinerie de Feyzin cesse toute activité. Le port Ed.Herriot est bloqué. La gène commence dans la vie quotidienne (essence, banques, alimentation…). archives INA -1-,

*22 mai : les Hospices Civils de Lyon et le Centre de Chèques Postaux sont à leur tour touchés.
Fermeture des grands magasins : Galeries Lafayette, Grand Bazar, Carrefour (Vénissieux), Nouvelles Galeries (Bron), Prisunic.

*23 mai : 400 étudiants manifestent dans le quartier de Vaise et se rendent devant les portes de l'usine occupée de la Rhodiaceta. Vers 23h, un 1/2 millier de jeunes gens, parmi lesquels de nombreux étudiants venus des facultés qu'ils occupent, se dirigent vers la Préfecture. La manifestation se termine dans le calme vers 2h du matin. Le Théâtre de la Cité est occupé par le personnel.

Radio  &  TV  en  Grève
Après le 23 mai, la radio et TV de l'O.R.T.F. sont également en grève : 3 journaux parlés et 1 journal télévisé régional sont diffusés chaque jour, à l'exclusion de toute autre programme. Un nouveau quotidien militant est lancé le 24 mai : le Journal du Rhône. Réalisé par des syndicats et des militants politiques (UNEF, PSU, CFDT), il informe ses lecteurs des évènements 6 semaines durant.

*24 mai : Grève Générale,
À Villeurbanne, plus de 30 directeurs de centres dramatiques réunis au Théâtre de la Cité, rédigent un manifeste pour remettre en cause leur fonction et leur rôle. À Lyon, vers 15h, le personnel de l'opéra et celui du théâtres des Célestins, décident une grève immédiate avec occupation des lieux de travail pour une durée illimitée.

Émeute  Pont  Lafayette
Dans l'après-midi, l'UNEF organise une grande manifestation de Bellecour aux Terreaux aui, dans un premier temps s déroule sans incident. Vers 19h, les manifestants les plus virulents se dirigent en direction de la Préfectrue, entraînant avec eux un cortège de 3 à 6 000 personnes. Une lutte s'engage avec les C.R.S., d'abord sur la Rive-Gauche du RHône, rue Vendôme et cours Lafayette, puis dans le quartier des Cordeliers. Les affrontements se poursuivent jusque tard dans le nuit. Vers 23h40, un camion chargé de pierres est lancé par les émeutiers contre les forces de l'ordre. Un commissaire de police René Lacroix, est mortellement blessé sur le pont Lafayette, et on compte 300 blessés. archives INA -3- 

*28 mai : Obsèques du  Commissaire
Les funérailles du commissaire R.Lacroix ont lieu le 28 mai. Une cérémonie officielle se déroule à la préfecture du Rhône. Le défunt est cité à l'Ordre de la Nation. En début d'après-midi, un cortège composé de personnalités et de nombreux Lyonnais part de la Préfecture pour rallier léglise st-Bonaventure.

*29 mai : Grève  Générale
À Lyon, la manifestation unitaire organisée par l'ensemble des syndicats ouvriers et l'UNEF, de Bellecour à la place J.Ferry, rassemble près de 80 000 manifestants. L'opéra et les Célestins sont occupés, et les artistes décident de se produire dans les entreprises. Le journal télévisé régional est supprimé par décision de l'inter-syndical de l'O.R.T.F.

*30 mai : Manifestation  de l'AGEL  avec  Sauvageot
À 15h, une manifestation organisée à l'appel de l'A.G.E.L., et à laquelle devait prendre part Jacques Sauvageot (vice président de l'U.N.E.F.) s'achève par un meeting sur la place L.Goujon à Villeurbanne. Au nom des artistes du Théâtre de la Cité, le comédien Jean Bouise demande aux manifestants de ne pas occuper le théâtre.

*31 mai : Manifestation de Soutien au  Général de Gaulle
À l'appel des comités d'action civique du Rhône, une contre-manifestation est organisée à Lyon où près de 75 000 manifestants expriment leur soutien au général de Gaulle. Ce rassemblement signe la fin du mouvement contestataire et le retour à la normale. archives de l'INA -4- ,

 suite dans un prochain billet…

*extraits du livre cité