Panorama de la ville avant 1968,

extrait de Transformer le Travail - Transformer la Société en 1968, édition des Chroniques Sociales mai 2018 / 358p

Capture d’écran 2018-10-09 à 16

la CFDT et le Logements dans le Rhône dans les années 1960… pp170/181

"Malgré la multiplication des chantiers, la crise du logement est encore très grave dans les années 1960 […] En 1963, la C.F.D.T. déplore que le logement soit "la seule denrée rationnée 18 ans après la Libération de 1944".… pp173

"Dans le Rhône, seuls 545 Programmes Sociaux de Logements avaient été construits entre 1960 et 1962, puis 162 en 1964, et 500 ou 600 en 1965. Cela ne suffisait pas à combler les besoins, d'autant plus qu'aucun de ces logements n'était destiné à la ville de Lyon même. Pour l'Union Départementale du Rhône, le maintien des taudis et des bidonvilles dans l'agglomération lyonnaise en 1965 s'explique largement par ce manque d'investissement. C'est plus généralement, l'ensemble de la politique de construction qui est considérée comme inéquitable. Cette politique est vue comme la conséquence dramatique de la logique capitaliste, qui place la rentabilité au-dessus du bien commun, y compris dans le secteur des H.L.M. C'est en effet pour des raisons financières que ces derniers, y compris dans ses quartiers, étaient réticents à construire ces Programmes.

Pour l'Union Départementale du Rhône, c'est la même politique capitaliste qui préside à la rénovation des quartiers insalubres de Lyon et Villeurbanne au cours des années 1960…. [alors qu'elle avait été décidée en 1958]. La rénovation apparaît nécessaire au vu des 45 000 logements insalubres ou vétustes repérés dans les quartiers  : Tonkin, Bron, Guillotière-Sud, Brotteaux, st-Antoine/Mercière, Villette, Part-Dieu, Perrache, Vaise, Vieux-Lyon, Moncey-Nord, etc… (…) L'U.D.R. critique des opérations iniques : d'un côté des super-bénéfices pour les promoteurs et de l'autre, le déclassement pour les habitants et commerçants des quartiers ciblés." pp175

[Y est dénoncé tout particulièrement la ségrégation sociale induite par le relogement des habitants de ces quartiers en périphérie] On assiste à la sur-représentation des familles modestes dans les grands ensembles en cours de création : Duchère, Minguettes, Mermoz-Sud, Bron-Terraillon, Rillieux/Ville-nouvelle. On voit la disparition de la diversité sociale des anciens quartiers centraux ou péri-centraux au profit de populations plus aisées.]

"Les militants constatent que bien que concernés par les rénovations, les travailleurs immigrés sont totalement abandonnés par les pouvoirs publics. (…) Il ont les plus grandes difficultés à accèder à un logement social et sont la proie de marchands de sommeil. C'est pourquoi l'U.D.R. tout au long des années 1960 et 1970… réclame la construction de foyers au sein de chaque quartier." pp176

[Certains syndicats soutiennent] "les luttes des locataires pour vivre correctement dans les nouveaux quartiers, en particulier les grands ensembles. (…) Grèves de loyer ou de redevance de chauffage pour critiquer des logements médiocres, un chauffage inefficace et onéreux, une isolation insuffisante, etc… L'agglomération lyonnaise connaît alors plusieurs grands mouvements de ce type.
Le quartier de Bron-Parilly, construit entre 1953 et 1957, vit de multiples conflits entre 1957 et 1971 ; la Duchère, construite à partir de 1960, est le théâtre de nombreuses mobilisations de 1962 au début des années 1970…" pp177/78

Gwenaëlle Legoullon,
maîtresse de conférences d'histoire contemporaine
à Lyon-III Jean Moulin laboratoire de Larha

 

•et cette semaine une conférence : 

Capture d’écran 2018-11-27 à 18

 

 compte-rendu dans un prochain billet…
☛abonnez vous afin d'être informé !